Samedi 24 décembre 2005

L'eutrophisation est un phénomène naturel à la base. Il s'agit de l'enrichissement en matière organique des lacs et rivières.
Le principe est simple : chaque lac ou rivière reçoit de l'eau de son bassin versant (zone sur laquelle l'eau de pluie qui tombe arrive dans le lac ou la rivière).
Cette eau qui ruisselle sur cette surface lave le sol en emportant avec elle de la matière (organique ou chimique).
Cette eau arrive ensuite dans la rivière et le lac et enrichit ceux ci de ce qu'elle a collecter durant son trajet.

L'eau du lac s'enrichit en matière organique comme le phosphore et l'azote qui sont des engrais.
Cet apport va modifier la qualité de l'eau. Voici ce qui se passe en plusieurs étapes :


1.     Les engrais (Azote et Phosphore) stimule la pousse des plantes aquatiques et du phytoplancton, la chaîne alimentaire est stimulée ce qui en résulte une vie intense (beaucoup de poissons, de microorganismes et d'algues).


2.     Toute cette faune et flore vit et meure ce qui provoque une accumulation de la matière organique morte sur le fond. Les bactéries rentrent en jeu en dégradant cette matière en consommant de l'oxygène, l'eau commence à se troubler.


3.     Les apports de matière organique sont trop important, les bactéries n'arrive plus à dégrader suffisamment rapidement la matière organique arrivant sur le fond, tout l'oxygène du fond est consommé (création d'une zone anaérobie). Les bactéries dégradent alors la matière organique de manière chimique. Cette dégradation est beaucoup plus lente et dégage des gaz toxiques (hydrogène sulfuré, méthane et ammoniaque).


4.      La zone anaérobie remonte de plus en plus vers la surface au fur à mesure que l'apport continue à arriver. L'eau se trouble de plus en plus et les plantes meurent faute de lumière suffisante. La chaîne alimentaire est perturbée, les poissons et les microorganismes qui n'ont plus d'oxygène pour vivre meurent à leurs tours.

Ce phénomène se produit normalement sur des milliers d'années et correspond à l'évolution naturelle du niveau trophique des lacs. On distingue les lacs oligotrophe (pauvre en matière organique), les lacs mésotrophes (riche en matière organique) et eutrophe (très riche en matière organique).


 

 

 

 

 

 

Un lac eutrophe 

 

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Un lac oligotrophe (enfin presque)

Cependant, l'homme de part son activité (agriculture, industrie et domestique) rejette énormément de matière organique (phosphore et azote) et accélère considérablement ce phénomène si bien qu'en quelques années seulement, un lac oligotrophe peut devenir eutrophe!

Biologiquement parlant, un lac eutrophe est plus intéressant qu'un lac oligotrophe. La vie y pullule et on y trouve beaucoup d'espèces. Mais cette période faste est de courte durée et il faut impérativement limiter nos rejets si l'on ne veut pas avoir en guise de lacs des "soupes" noirâtre sans vie.

Les solutions existent mais coûtent cher (réoxygénation du fond du lac, création d'un réseau d'égout et de station d'épuration etc...), la population doit prendre conscience de l'intérêt à protéger ces milieux qui sont parmi les plus riches et les plus fragiles.


 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 22 juin 2005

         L’étude sur la reproduction du brochet se termine sur les trois sites ont été étudiés : zone inondable, « délaissés » et zone littorale. Une fréquentation préférentielle des herbiers de characées, de nouveau abondants en zone littorale, a été constatée au moment de la reproduction.

                 

Un herbier de characée

         Une centaine de brochets matures a été capturée entre 4 et 6 m de profondeur à l’aide d’araignées de mailles 50 à 80 mm.

Un gros brochet du lac

        Cette année, la fraie s’est déroulée pendant les 15 premiers jours d’avril. Les mâles sont plus nombreux et présents plus longtemps que les femelles qui repartent rapidement après la reproduction. La maturité sexuelle est acquise à 2 ans pour les mâles et à 3 ans pour les femelles. La croissance est très rapide : 35 cm à 1 an et plus de 50 cm à 2 ans.


          La reproduction dans les chenaux (nasses) et les délaissés (frayères artificielles) n’ont pas donné de résultats satisfaisant ce qui confirme une reproduction en milieu lacustre.

Une nasse utilisée pour capturer le brochet

        Le brochet s’est donc adapté à un nouvel habitait devenu abondant (les herbiers de characées). Cette étude fournit des informations essentielles quant à la gestion de cette espèce nouvellement abondante dans le lac du Bourget et elle va permettre de prendre des mesures de gestion efficaces pour la gestion durable des communautés piscicoles. D’ores et déjà, des études complémentaires sont en cours (pêche électrique de juvéniles) et devront apporter un complément d’information très utile pour comprendre l’impact de l’accroissement de la population de brochet sur les autres espèces.

 

 

ATTENTION : Cette étude a été réalisée avec l'accord  de la DDAF de la Savoie qui nous a attribué un permis de pêche scientifique. Je rappelle tout de même qu'il est interdit de pêcher avec ces engins (filet et nasse) sans la détention de cette autorisation spéciale.


(Retrouvez des photos de cette étude dans l'album photo correspondant)

Mardi 21 juin 2005

Je vous conseille de lire cet article traitant des nouvelles mesures d'éradications du loup.

Madame Olin ("Ministre de l'écologie au service de l'économie") a décidé d'augmenter le quotas de loup à abattre de 4 à 6 soit une augmentation de 50%.

Mais le pire, c'est que désormais les bergers auront le droit de procéder à des tires de défence ou d'éffarouchement. Sincérement, les balles en caoutchouc vont être vite remplacées par des balles réelles, ils nous raconterons que le loup a voulu les attaquer!!
C'est navrant de lire des choses pareilles

 

Cliquez ici : http://www.loup.org/spip/article493.html

Mercredi 1 juin 2005

Les amphibiens font partie des vertébrés les plus menacés par le développement économique. En effet, de part leur biologie et leur biotope, ils sont les victimes directes (par destruction des zones humides ou écrasement des individus) et indirectes (pollutions agricoles et industrielles variées) de la dégradation des milieux naturels par l’homme.

Pourtant leur rôle dans la chaîne alimentaire des zones humide est essentiel puisqu’ils fournissent à de nombreux prédateurs une source alimentaire inestimable et participent grandement à l’équilibre de la faune endogée forestière.

 

                   

 

Les amphibiens ont la particularité de vivre une bonne partie de l’année sous couvert forestier (permettant d’éviter un dessèchement trop important de leur peau) mais retournent au point d’eau qui les a vu naître dès le mois de mars, pour se reproduire. C’est le cas du Crapaud commun, des Grenouilles brunes et vertes, des Tritons. C’est lors de cette migration, souvent massive et essentiellement nocturne (jusqu’à 400 individus par nuit sur un linéaire de 200m pour les plus fortes populations) que les batraciens traversent les voies automobiles séparant la zone de forêt d’une zone d’étang ou de lac. Il est démontré qu’un trafic routier d’une voiture par minute peut entraîner la mort de 99% des individus d’une population ; on notera que ce trafic dépasse souvent cette fréquence sur les sites sensibles à forte population.

 

 

 

C’est pourquoi les associations de protection de la nature, comme le CORA ou la FRAPNA, ont mis en place des protections le long des chaussées empêchant le passage des individus. Une personne basée sur le site se chargera de faire traverser les amphibiens le matin, et cela durant toute la période de migration. L’étape ultime de cette opération doit être la mise en place d’un « Crapauduc » sur les sites jugés d’importance prioritaire (ex : le crapauduc à l’Etang du Grand Lemps en Isère, premier crapauduc installé sur la région).

 

   

 

Pourtant de nombreux écrasement ont encore lieu, bien que la région Rhône-Alpes, et principalement le département de l’Isère soit réellement des précurseurs en terme de protection des populations d’amphibiens (9 sites prioritaires protégés sur le seul département de l’Isère). Ainsi, une prise de conscience collective se révèle nécessaire et peut être réalisée par la limitation spontanée de la vitesse des automobilistes sur les zones d’écrasement connues ou par la notation des écrasements observés par les riverains pour élargir la base de donnée des organismes de protection de la nature. Des fiches d’observation sont en l’occurrence disponibles auprès des associatifs (CORA Isère et Savoie, FRAPNA).

 

Les amphibiens font partie de notre patrimoine naturel, l’homme peut par des gestes simples et gratuits épargner cette richesse qu’il a lui-même mis en péril.

 

Lundi 30 mai 2005

              Une espèce est considéré comme nuisible quand elle crée des dysfonctionnements dans le milieu aquatique. La plupart des espèces invasives sont des espèces exotiques qui ont été introduit en France pour diverses raisons. Dans les lacs et rivières, il y a un grand nombre d’espèces introduites qui posent de réels problèmes.

 

Voici, les espèces nuisibles les plus fréquemment rencontrés dans nos lacs et rivières :

 

Les poissons :

 

Le poisson chat :

 

         Poissons de la famille des Ichtaluridés d’environ 10 à  15 cm dans la plupart des cas parfois jusqu’à 30 cm.

          Originaire d’Amérique du Nord (un cadeau des Américains), il a été introduit en France il y a un siècle environ à des fins culinaires. Mais il n’a pas eu de succès dans nos assiettes et il s’est donc retrouvé relâché dans le milieu naturel en toute inconscience. D’un régime alimentaire totalement omnivore et opportuniste, il se nourrit de tout ce qu’il peut avaler (vers de terres, graine, œuf d’autres poissons….) et il se reproduit à une vitesse très rapide et devient rapidement totalement omniprésent. Il a un fort impact sur le milieu aquatique puisqu’il mange les œufs des autres espèces et en plus il n’a pas vraiment de réel prédateur à cause de ces piques situés sur les nageoires dorsales et pectorales qui le protège efficacement du brochet et de la perche. Aucun moyen efficace n’existe aujourd’hui pour se débarrasser de cet indésirable si ce n’est un épuisage systématique des « boules » de jeune poisson chat qu’on peut observer au bord des lacs mais c’est très lourd à mettre en œuvre.

 

                          

La Perche Soleil ou Perche Arc-en-ciel :

           

Petite perche mesurant 10 cm pour un adulte et 20 cm pour les plus gros individus. Venant encore d’Amérique, elle se reproduit à une vitesse très rapide dans le milieu où elle est présente. De la même manière que le poisson chat, la perche soleil est un gros consommateur de la fraie des autres espèces ce qui la place dans le rang de nuisible qu’il faut à tout prix éradiquer.

 

 

Les Crustacés :

 

L’écrevisse américaine :

 

           Crustacé de taille variant entre 4 cm et 15-20 cm fait partie également de ces espèces invasives qu’il faut à tout prix éliminé.

          Introduite pour les mêmes raisons que le poisson chat, les effets sur le milieu aquatique sont aussi catastrophiques. Elle prend la niche écologique des espèces indigènes (écrevisse à pied blanc, écrevisse à pied rouge) et comme elle se reproduit beaucoup mieux que ces dernières, elle devient majoritaire et finit par éliminer totalement les espèces autochtones.

 

 

 

Les autres crustacés :

 

           Plusieurs autres espèces de crustacé sont présents dans les cours d’eau français. Leurs origines, plus ou moins obscurs laisse penser à des évasions provenant de bassin de particuliers. On peut citer le crabe chinois par exemple et l’écrevisse de Floride.

 

Les Reptiles.

 

Les Tortues :

 

           « A quelle sont belles les petites tortues ! Tu veux bien m’en acheter une ? ». Cette phrase sortie de la bouche de votre fille, neveu ou petit cousin vous fait craquer et vous lui offrez cette petite tortue de Floride qui est si mignonne.

             Le problème, c’est qu’au bout de quelques temps, cette tortue devient grosse et agressive et il faut s’en débarrasser. Votre conscience vous dit de ne pas tuer les animaux alors vous la relâcher ou bord d’une rivière ou d’un lac. Grosse erreur ! Cette tortue est une plaie pour l’environnement, très vorace et agressive, elle s’attaque à notre chère Cistude en lui prenant sa place dans l’écosystème. La Cistude, trop calme, entre dans une compétition déloyale qui finit par l’éliminer de l’écosystème. Résultats, les rivières et lacs sont envahit par ces tortues de Floride pesant parfois plusieurs kilos.

 

 

 

Les Mammifères :

 

Le Ragondin :

 

           Gros rongeur d’une soixantaine de centimètre et vivant la plupart du temps au bord des lacs.

           Importé d’Amérique du nord pour sa fourrure, les élevages ont tous fermé pendant le krach boursier de 1929 et les animaux ont été relâchés dans la nature. Outre son impact sur les autres espèces de rongeurs (bien de chez nous ceux là), celui ci détruit littéralement des berges entières de rivière et de lac. En effet, il creuse des terriers sous la berge qui finit petit à petit par s’effondrer. Il est combattu avec force dans les Dombes où ils causent des dégâts important sur les étangs de pisciculture.

 

 

 

 

         Toutes ces espèces sont à éradiquer des milieux naturels. Remettre un poisson chat à l’eau est passible d’une amende, il faut le savoir !

 

        Voilà pour les plus connus, il en existe encore bien plus et je me suis restreint aux milieux aquatiques. Il faut savoir que toutes les espèces exotiques ne deviennent pas nuisibles mais elles n’ont pas lieu d’être dans notre pays.

 

La loi interdit et punis fortement l’introduction d’espèce exotique dans le milieu naturel (amis des tortues, prenez des notes).

 

Pour vous donner une idée de toutes les espèces exotiques que l’on peut trouver dans le milieu naturel voici une tout petite liste :

 

Animal : Tortue hargneuse

                Grenouille Taureaux

                Black bass

                Sandre

                Gambusia

                Silure

                Truite arc en Ciel

                Rat musqué

                Ecureuil roux

 

Végétal Elodée du Canada

                Myriophylle

                Renouée du Japon

                Caulerpa Taxifolia

                Toute les plantes arbres et arbustes d’ornements qui finissent par se retrouver dans la nature.

 

Attention : Ceci ne sont quelques exemples des plus connus, cette liste est bien plus longue.

               

 

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